Ce qu’il faut éviter « En thérapie » 1/7

Je n’ai pas du tout apprécié la série d’Arte En thérapie.

Je me suis amusé à analyser et décoder les premiers dialogues des cinq premiers épisodes.

Épisode 1 : enfoncer la cliente

La cliente, Ariane, pleure et dit « je ne pense pas pouvoir m’allonger aujourd’hui. Je suis désolée, je m’en veux de m’être laissée aller comme ça. Je n’arrive pas à me retenir. Et maintenant que j’ai commencé, je ne suis pas sûre de pouvoir m’arrêter. »

Psy : faites vous confiance, vous pouvez y aller, vous avez de la marge.

Ainsi, il l’enfonce en lui suggérant qu’elle peut passer toute la séance à pleurer. Il pourrait chercher son besoin en lui disant « vous avez besoin de réconfort ? » ou la provoquer vraiment « je vous donne 5 mn et après on pourra commencer ». Et reprendre ainsi le contrôle.

Épisode 2 : perdre le contrôle en 1 mn

Le client, Adel, fait comme chez lui, regarde par la fenêtre et demande, les mains sur les hanches « il y a des règles, un protocole d’action ? »

Le psy est assis, commence par dire « pardon ? » et répond « non, pas a priori. On va en discuter ensemble. »

Le client : ici, le client est roi.

Le psy : vous savez, en France, les rois, on leur coupe la tête.

Le client : c’est une blague de psy ?

Le psy : voilà.

Le psy se fait marcher sur les pieds. Il accepte la position basse et que le client prenne le contrôle. Puis, il le menace. Et le client reprend le contrôle. Bref, ils se sont déclarés la guerre.

Épisode 3 : fuir les conflits


Le psy à sa femme Charlotte : il t’a dit quelque chose ? (en parlant de leur fils).

Sa femme : rien, tu sais bien comment il est. Il est bizarre à l’école….

Le psy, en colère : ça n’a rien à voir avec ses notes.

Sa femme : je te préviens, si tu le forces.

Le psy : « le forcer ! » Il va dans la chambre du fils en train de lire. « Ah, tu es là. Qu’est-ce que tu lis ? » Et il ferme la porte pour que sa femme n’entende pas la suite.

Notre psy de service est incapable de résoudre un conflit avec sa femme. Il évite le dialogue avec elle en entrant dans la chambre du fils. Et il ne sait que poser des questions sans jamais parler de lui, que ce soit avec sa femme ou avec son fils. Bref, un très mauvais exemple.

Épisode 4 : perdre le contrôle

Le client, téléphonant dans le cabinet du psy « tu n’as pas vu maman ? Elle n’est pas passé à la maison ? Qu’est-ce que tu manges ? Une pomme ? »… « Je lui achète des cageots de fruits frais… ça m’énerve »

Psy : vous pouvez vous asseoir, elle sera là d’un instant à l’autre.

Le psy ne reprend pas la main sur le client qui le provoque en téléphonant ouvertement sous son nez. Il ne verbalise pas son mécontentement en disant par exemple « j’aimerais que vous consacriez votre temps à la séance » et ne le recentre pas en disant « vous êtes énervé quand des personnes ne suivent pas vos prescriptions ? » Il court après une bécasse en inventant une histoire.

Épisode 5 : sans courage

Esther est la veuve du mentor de Dayan.

Le psy : je me suis arrêté au 3e, par pur réflexe, comme si j’allais chez toi.

Esther : tu as oublié que j’avais mon nid de poule là-haut sous les toits ?

Dayan : il y a longtemps ?

Esther : oui. Rentre.

Pas grand chose à se mettre sous la dent, sinon qu’il va voir Esther par « pur réflexe » et non parce qu’il a envie de la voir.

Esther : tu as pris mon fauteuil !

Dayan : merde. Il se lève et Esther s’assoie dedans.

Bref, le petit garçon n’a pas grandi et ne fait pas preuve de courage. Puis il qualifie Esther de « Sublime », dans un sublime jugement.

En résumé : le petit garçon a encore besoin de grandir

Notre psy se comporte en petit garçon face à ses clients, sa femme, son fils et à la femme de son mentor. Il ne sait pas prendre du temps pour exprimer ce qui est vivant en lui, dialoguer avec sa femme. Le lien thérapeutique décrit par Bert Hellinger est quand le thérapeute prend ses clients pour ses parents. Nous sommes en plein dedans.

L’aidant doit se transformer et s’impliquer au plus profond de lui-même et avoir le courage de regarder la vérité et la mort en face. S’il sent de la pitié et s’il se sent responsable, il devient l’enfant. La relation thérapeutique signifie que le thérapeute utilise sa relation avec le client pour préserver son problème personnel.

Peut-être que cette série nous montrera comme il grandira.

Pour aller plus loin

Sur la thérapie

Sur la communication :

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