Les émotions cachées du triangle dramatique

Au dernier stade de la psythérapie, vous êtes confronté aux émotions et aux scénarios d’autrui. Ceux-ci se déclinent souvent en mode victime, persécuteur et sauveur. Comment réagir et que dire dans ces cas-là ?

energie

Il est important, dans un premier temps, de sentir l’énergie de la personne, pour percevoir son jeu et son émotion cachée. Dans un deuxième temps, je déclinerais quelques stratégies « émotionnelles » que j’explore petit à petit afin de tester leur efficacité.

Quel est son niveau d’énergie ?

Il est plus judicieux de sentir l’énergie de la personne plutôt que de juger le scénario apparent. Dans le jeu de « la scène », la  personne en colère se pose en « victime ». Suivez donc l’énergie dans un premier temps.

Les émotions apparentes

Quelle énergie dégage la personne ? Vous pompe-t-elle votre énergie ? En déborde-t-elle ? Fait-elle les deux à la fois ? Où se situe-t-elle sur l’image suivante ?

VSP

  • Si elle est plutôt triste, elle est en mode victime.
  • Si elle est en colère, elle est en mode persécuteur.
  • Si elle est entre les deux, elle est en mode sauveur, triste pour la victime et en colère contre vous.

Et ces émotions ne sont pas primaires, elles en cachent d’autres….

Les émotions cachées

Dans un jeu, la personne joue et son émotion est dite secondaire ou racket, cachant une émotion sous-jacente. Voici les émotions cachées la plupart du temps pour nos joueurs patentés…

  • La personne en colère cache sa souffrance qui vient d’un besoin d’amour.
  • La personne triste cache sa colère et veut se venger de quelqu’un.
  • Le sauveur cache sa peur de ne pas supporter la souffrance d’autrui.

Comme le dit Bert Hellinger, le pire des persécuteurs est la victime qui est un « vampire émotionnel ».

Ajuster l’énergie de la personne

Voici quelques stratégies possibles que je teste en groupe de pratique ou en réel.

Baisser l’énergie du persécuteur

Il est essentiel de baisser l’énergie d’une personne en colère. Vous pouvez lui dire…

Je veux bien en parler avec toi quand tu seras plus calme.

Monter l’énergie de la victime

Vous pouvez lui montrer sa colère cachée en lui disant :

Tu es encore un peu en colère…

Notez le « un peu » sinon la victime dira sûrement non….

Le mystère du sauveur

C’est le plus difficile à mon avis, car il vit les 3 émotions à la fois. Dans un premier temps, vous pouvez lui dire….

Tu aurais fait différemment ?

Je cherche d’autres pistes que je n’ai pas encore testées, du genre « Tu as encore peur pour elle ? » ou « Tu es toujours en colère contre moi ? » Si vous avez des suggestions, je suis preneur.

Pour aller plus loin

Un petit livre de Christel Petitcollin qui vient de sortir chez Jouvence et que j’adore : Petit cahier d’exercices pour sortir du jeu : victime, bourreau, sauveur. Il vous montre les parades aux différents jeux.

Si vous avez des remarques, laissez-moi un commentaire.

 

Comment changer de scénario ?

Cet article fait suite au précédent qui a décortiqué les 3 scénarios retenus : un scénario morbide et 3 scénarios issus du triangle dramatique de Karpmann : victime, sauveur et persécuteur. Un scénario est comme un chemin de vie sur lequel vous avancez et répétez le même comportement.ScénarioDans cet article, j’indiquerai des pistes pour prendre conscience de son scénario, être bien quand votre interlocuteur joue un scénario plus ou moins dramatique et comment l’aider.

Dans un premier temps, nous explorerons la dynamique familiale, souvent à l’origine du scénario. Dans un deuxième temps, nous verrons les besoins à satisfaire face à un joueur et quels besoins vous pouvez l’aider à contacter pour qu’il ait moins envie de jouer.

Les scénarios et les jeux

Pour sortir d’un scénario morbide ou répétitif, deux étapes sont essentielles : accepter de vivre, puis de grandir.

Accepter de vivre et de reprendre goût à la vie

Une personne qui dit « non » en permanence, « oui, mais » ou « non, mais » veut mourir inconsciemment. Quand elle dit non, elle dit non à elle-même et à sa vie. Le cas le plus courant est celui de la femme qui a avorté, qui veut expier, mourir inconsciemment et qui n’en n’a pas conscience. Les autres cas concernent la perte d’un être cher, un enfant, une frère ou une soeur, un ami, un parent, un oncle et toute personne de la famille que l’on veut inconsciemment rejoindre.

La solution consiste à regarder la personne à qui l’on a fait du tort dans le cas d’avortement ou de dénouer l’intrication familiale. Si de la peine est ressentie dans le cas d’avortement ou de la perte de l’être cher, des séances d’EMDR peuvent suffire. Sinon, les constellations familiales selon Bert Hellinger sont indispensables pour dénouer l’intrication.

Puis, une fois que vous avez accepté de savourer la vie, acceptez de grandir, d’être responsable de vos actes et de vos émotions.

Grandir

Les jeux de victime, persécuteur et sauveur sont une manière de se sentir innocent de ses réactions, de rester comme un enfant qui se plaint de ses parents, confondant son interlocuteur avec un de ses parents. Que faire ?

  • Une victime cherche à se venger avec bonne conscience. Quelquefois, elle ne veut pas se sentir redevable et se met en colère en faisant appel à sa bonne conscience en rendant l’autre responsable de son état. La solution consiste à le remercier s’il vous a fait un cadeau, à exprimer clairement votre demande si vous ne voulez pas vous sentir redevable. La plupart du temps, cette colère vient de la relation envers ses parents. Si vous imaginez votre père ou votre mère derrière vous, y a-t-il un des deux avec qui vous ne vous sentez pas en paix ? Si c’est le cas, venez en constellation familiale. Sinon, mettez à jour vos pensées pour les nettoyer et votre intention pour la clarifier quand vous vous sentez victime, accusé, attaqué, blessé, jugé, harcelé, humilié, insulté, maltraité, persécuté, dévalorisé, manipulé, trahi, trompé, négligé ou abandonné par quelqu’un.
  • Un persécuteur est jaloux de sa victime. Il aimerait prendre sa place inconsciemment. C’est ce qui est ressorti d’une constellation familiale sur le sujet. Une personne en colère contre une autre a souvent la pensée « tu n’as pas le droit de…. » Là encore, elle fait appel à sa bonne conscience pour faire le mal. Ainsi, des parents qui n’ont pas réussi à l’école auront tendance à exiger de leur enfant de réussir leurs études et auront du mal à supporter quand ils se distraient et profitent de la vie plutôt que de faire leurs devoirs.
  • Un sauveur a des difficultés à voir sa propre mort. Alors, il préfère voir et se préoccuper de celle des autres. Cette tendance est aussi suicidaire, tout comme celle de la victime. La solution ? Accepter d’être en paix avec sa mort et celle des autres. L’EMDR et les constellations familiales sont efficaces dans les deux cas. Comment être zen face à la souffrance de l’autre demande de la zénitude et d’être profondément connecté avec la vie.

Abordons maintenant le sujet de la personne qui se trouve en face d’un joueur professionnel.

Comment sortir des jeux dramatiques ?

Dans tous les cas, la personne qui joue un jeu psychologique ne cherche pas de solution à long terme. L’objectif est de lui mettre à la conscience son besoin et sa demande. Vous ne pouvez le faire que si vous êtes en paix.

Ne pas jouer

A chaque fois que vous ressentez un malaise face à une personne, pensez que vous êtes peut-être dans un jeu et qu’il est important de clarifier l’objectif. Pour cela, la communication bienveillante est un excellent outil. Quelle émotion vivez-vous ? Quels sont les besoins à satisfaire quand vous êtes en face d’un sommet du triangle ? Vous pouvez tout d’abord formuler clairement votre intention dont voici deux exemples :

  • J’aimerais continuer dans une relation d’adulte à adulte.
  • Serais-tu d’accord d’avoir une discussion qui amène une solution ?

Si vous n’y arrivez pas, ce qui arrive souvent, passez aux besoins.

Respecter ses besoins

Voici quelques besoins importants à contacter en face d’un joueur professionnel :

  • Se sentir léger et bienveillant face à une victime. Une victime rend responsable autrui, quand ce n’est pas vous, de sa souffrance. Il est alors important de contacter votre légèreté, votre énergie intérieure et de vous sentir innocent de son état. Quand elle vous reproche un événement passé, soyez bienveillant avec vous-même et revenez dans le présent.
  • Se sentir en sécurité émotionnelle face à un persécuteur et oser lui dire avec plus ou moins de douceur.
  • Se sentir libre de ses choix face à un sauveur. Accepter d’être adulte et responsable et choyez votre autonomie.

Cette liste n’est pas exhaustive, vous pouvez sûrement en trouver d’autres.

Comment aider autrui à sortir de son jeu ?

Deux solutions sont possibles : clarifier sa demande et l’aider à contacter ses besoins.

L’aider à formuler son intention

Quand vous faites cet exercice très délicat, vous lui faites préciser ce qu’il cherche inconsciemment. Vous pouvez ne pas lui poser cette question :

Veux-tu simplement argumenter ou trouver une solution ?

Et lui demander :

J’aimerais comprendre qu’elle est ton intention.

L’intention est l’objectif de la discussion : l’aider à trouver son besoin, lui proposer une solution, aller mieux grâce à une thérapie….

Aider autrui à contacter ses besoins

Voici les besoins les plus courants d’un joueur impénitent :

  • Une victime a besoin d’être en paix par rapport à un trauma personnel ou transgénérationnel. Dans le 2e cas, il est impossible de le résoudre hors une constellation familiale. Bert Hellinger conseille de ne rien donner à une victime, qui est un vampire d’énergie.
  • Un persécuteur a surtout besoin d’amour. Il souffre, il n’ose pas le demander. Si vous êtes en paix, voyez sa souffrance pour avoir de l’empathie. Alors, si vous pouvez lui en donner, allez-y.
  • Un sauveur voudrait bien prendre votre place. Il a besoin de reconnaissance et de se sentir utile. Alors dites-lui « tu as vraiment besoin de reconnaissance ? » Il est difficile pour une mère qui veut aider son fils de l’entendre lui dire qu’il n’a pas besoin d’elle, qu’il est assez grand pour se débrouiller tout seul.

De plus, si la personne a une tendance morbide, vous pouvez lui montrer la beauté de la vie pour qu’elle reprenne espoir. L’humour et la patience sont deux sacrées ressources dont vous pouvez user et abuser.

En conclusion

Soignez votre besoin de légèreté en face d’un joueur professionnel. Sentez-vous innocent de ses réactions, clarifiez l’intention et les besoins d’amour et de reconnaissance de votre interlocuteur. Essayez aussi de remplir un besoin d’équilibre pour que chaque partie reste indépendante de l’autre.

Pour aller plus loin

Les mêmes livres recommandés dans l’article précédent plus deux livres sur la communication :

Si vous avez des remarques, laissez-moi un commentaire.

Faites le point sur vos croyances essentielles

Notre approche de la vie reflète nos croyances qui constituent notre image de soi. Ces croyances proviennent des événements passés et se déclinent en fonction des traumas personnels et transpersonnels. Un certain nombre de personnes veulent ainsi sauver les autres en se prenant pour Jésus, pensant qu’en se sacrifiant, elles feront le bonheur d’autrui.

Ce thème des croyances a été lancé par Patrica sur son blog Attention, bonheur possible, dans le cadre d’une série d’articles du site de développement personnel DéveloppementPersonnel.org

mouette rieuseVoici un article classant les croyances les plus importantes en fonction des 6 étapes sur le chemin de la vie et de la guérison. Après un détour vers le triangle victime persécuteur sauveur, vous pourrez  en déduire où vous en êtes sur votre chemin de vie, qui va de l’enfant « victime, sauveur ou persécuteur » à l’adulte en paix contribuant éventuellement au bien-être d’autrui.

Six étapes pour oser avancer

Rappelons nos 6 étapes, décrites dans un article précédent :

  • Au début du chemin, les émotions sont « envahissantes » et empêchent de penser. En « se rapprochant de soi » et en prenant du recul sur les émotions, vous acceptez de vous faire aider.
  • Puis, vous traitez vos différents traumatismes, liés à la naissance par la thérapie de l’étreinte, personnels avec l’EMDR, transgénérationnels avec les constellations familiales.
  • Enfin, vous arrivez à l’étape « oser avancer » où vous décidez de vous faire aider ou d’avancer en identifiant vos croyances et de les écrire. C’est les principe même des thérapies cognitives, de passer du stade instinctif au stade réfléchi.
  • A la dernière étape, vous célébrez la vie sur terre, vous contribuez au bien-être d’autrui en respectant votre paix intérieure et son autonomie, en faisant preuve de communication bienveillante ou nonviolente.

Vous passez ainsi d’un statut déséquilibré, la plupart du temps de « victime innocente », à celui d’adulte, responsable de ses émotions et contribuant au bien-être d’autrui.

D’enfant victime à adulte responsable

Voici un dessin des 6 étapes montrant l’évolution possible, de statut, « victime, sauveur ou persécuteur », à « je suis bienveillant avec autrui » :

EmotionsA la première étape, vous êtes le plus souvent dans le statut d’une victime innocente. Si vous êtes un persécuteur, vous avez plus d’énergie, mais vous avez de fortes chances d’être dépassé par votre colère. Si vous êtes sauveur, vous ne voyez que des victimes que vous voulez sauver, quitte à vous sacrifier pour elles. Dans les 3 cas, vous êtes un persécuteur, d’autrui ou de vous-même.

  • En tant que victime, vous persécutez autrui en lui pompant son énergie, tel un vampire. En réalité, vous voulez la perte de la personne dont vous déclarez être victime. C’est pour cela qu’une victime est incapable de respecter le besoin de bienveillance d’autrui. Comme le dit Bert Hellinger « à un déprimé, on ne donne rien ».
  • En tant que persécuteur, vous persécutez autrui, l’accusant de votre colère en pensant  « tu n’as pas le droit de… ».
  • En tant que sauveur, vous vous persécutez vous-même, négligeant votre propre chemin pour aller sur celui d’autrui, préférant voir sa mort plutôt que la vôtre.

Comme le dit Bert Hellinger :

Les victimes sont les pires des persécuteurs.

Comment sortir de ce statut ? En reconnaissant être responsable de ses émotions et en osant se rapprocher et parler de soi, première étape du chemin. La dernière étape est d’avoir de l’empathie pour autrui, en respectant ses besoins. Voyons maintenant les croyances associées en suivant la même grille de lecture.

Les croyances associées

Plaçons des croyances positives sur ce chemin de vie et détaillons-les.croyance

  • A la première étape, se rapprocher de soi, le désespoir peut être prédominant. Ce qui est étonnant, c’est qu’il faille des traumas forts pour que la personne puisse accepter les croyances « je peux aller mieux » et « je peux me faire aider« .
  • Aux 3 étapes de cicatrisation des traumas, « je peux être en paix » est la croyance la plus répandue. Elle peut se décliner en « je peux le supporter« , « je suis en sécurité », « je suis innocente » si le trauma a été vécu comme victime et « je peux me pardonner » ou « j’ai fait du mieux que j’ai pu » s’il a été vécu comme persécuteur.
  • A l’étape « Oser avancer », « j’ai de la valeur » et « j’ai des choix » sont les 2 croyances importantes. Elles permettent de faire des choix positifs pour soi-même, de prendre soin de soi en s’aimant, en ayant confiance en soi.
  • Enfin, la dernière étape admet les émotions des autres en étant en paix. Quand d’autres personnes souffrent, il est possible de les aider, d’être empathique avec elles, tout en respectant leur autonomie et sa paix intérieure. « Je peux contribuer au bien-être des autres » est la croyance reine de cette étape.. tout en continuant à contribuer à son propre bien-être, à être en paix, même quand les autres vont mal.

Placez-vous donc sur ce chemin. Où en êtes-vous de vos émotions et de vos croyances ?

Et après ?

Les croyances sont associées à des traumas ou à vos pensées. Pendant les premières étapes, il est indispensable de se faire aider. Sur les 2 dernières étapes, utilisez votre esprit pensant. Posez-vous ces 3 questions sur une échelle de véracité de 1 à 7 :

  • Je suis en paix avec mes émotions.
  • Je suis en paix avec ma famille et mon passé.
  • J’ai de la valeur.
  • J’ai des choix.
  • Je peux contribuer au bien-être des autres, en allant dans une relation d’aide.

Vous pourrez alors vous situer sur votre chemin et décider de la thérapie la plus adéquate pour continuer à avancer.

Pour aller plus loin

Quelques livres et un site de photos :

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Pourquoi revenir au temps présent ?

Dans beaucoup de thérapies, comme dans la méditation pleine conscience ou la méthode Vittoz, il est conseillé de revenir au temps présent en portant son attention sur un de vos 5 sens, la vision, l’ouïe, l’odeur, le goût ou vos sensations physiques, telles que la respiration. Quel est l’intérêt d’un tel processus ?ObserverJ’en vois deux : soit distraire sa pensée pour minimiser une émotion désagréable, soit prendre de la distance vis-à-vis d’elle pour avancer. Dans le premier cas, nous sommes dans la première étape des 6 étapes pour aller mieux. Dans le deuxième cas, nous sommes à l’avant-dernière étape, celle d’oser avancer.

Minimiser une émotion désagréable

Quand vous êtes légèrement perturbé par une émotion désagréable, provoquée par une pensée, vous pouvez vous en distraire sans aller dans cette pensée, en pensant à autre chose :

  • En portant attention à ce qui vous entoure : votre environnement VAKO visuel, sonore, kinesthésique, comme votre respiration ou votre marche, ou olfactif.
  • En allant dans un lieu sûr imaginaire qui vous ressource.
  • En faisant un geste, en prononçant une parole, en imaginant un rayon de lumière guérisseur ou une spirale inversée.

Ces pratiques vous permettent de vous échapper, de remettre à plus tard votre perturbation interne. L’inconvénient de cette pratique est qu’elle ne vous guérit pas, elle vous permet simplement de baisser votre tension intérieure. Et, quand la tension est trop importante, cela ne suffit pas. Vous pouvez alors demander à autrui de vous serrez fortement dans ses bras. Comme dans la thérapie de l’étreinte, cela vous permettra de calmer efficacement votre tension interne, sans aller dans vos pensées perturbatrices.

Oser avancer en 3 étapes

Après avoir soigné vos traumas, liés à votre naissance, votre vie personnelle ou familiale, vous êtes spontanément plus en paix et avez acquis un certain savoir faire. Vous êtes alors capable d’aller dans la pensée négative originale en prenant du recul sur vos émotions.  Vous pouvez revenir dans le temps présent, en paix, première étape pour oser aller bien.  Faisant appel à votre cerveau rationnel, pensant et non instinctif, vous êtes alors capable de choisir, en pleine conscience, votre objectif. Est-il de ?

  • Baisser votre émotion ? Vous pouvez pratiquer l’EFT.
  • Monter en énergie ? Vous pouvez imaginer vos exploits passés en identifiant vos ressources.
  • Cicatriser un trauma résiduel ? Faites un pont d’affect pour l’identifier et le cicatriser avec la technique du papillon, venant de l’EMDR. Si vous n’y arrivez pas, vous êtes capable de demander de l’aide en toute connaissance de cause.
  • Prendre une décision ? Faites appel à votre intuition, votre « pendule intérieur ».
  • Juste profiter de la vie ? Comme le dit une amie « Et j’apprends, avec une persévérance dont je suis fière, à être de mieux en mieux en contact avec toute la richesse (la complexité) de ma vie intérieure croisée avec tout ce qui m’est extérieur (les autres, ceux que j’aime et ceux qui me dérangent, et .. le « monde ») ». Et vous pouvez même entrer en transe pour le plaisir, en contact avec le monde qui vous entoure.

Une fois votre objectif posé, vous pouvez aborder les 2 autres temps : réfléchir et décider pour votre bien. La dernière et sixième étape sera d’être bien, même si les autres vont mal, pour contribuer à leur bien-être.

En conclusion

 Revenir au temps présent n’est qu’un premier pas. Si vous ne connaissez ni technique de cicatrisation des traumas, ni technique d’identification de vos pensées négatives pour vous en débarrassez, comme dans les thérapies cognitives, cela ne suffira pas. Vous aurez besoin d’aide.

Si vous connaissez certaines de ces techniques, cela vous aidera à vous dissocier pour mieux guérir, avancer sur votre chemin de vie et en profiter en pleine conscience.

Pour aller plus loin

Quelques livres de base :

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Qu’est-ce que cela signifie pour moi ?

Le premier principe de la thérapie cognitive est que toutes vos humeurs sont créées par vos pensées. Alors, comment modifier celles-ci ?pensée

Voici un premier conseil, proposé par David D. Burns, psychiatre de l’université de Stanford. Posez-vous la question « qu’est-ce que cela signifie pour moi ? » à chacune de vos pensées négatives.

Quelques principes de la thérapie cognitive

Voici quelques vérités que j’adore et qui font partie de la thérapie cognitive :

En effet, de nombreuses thérapies « émotionnelles » font de l’émotion le sésame et la solution à nos « problèmes comportementaux ». Ainsi, la gestalt-therapie ou le rebirth insiste sur l’émotion et non la croyance ou le besoin sous-jacent, comme en communication bienveillante.

Des exemples de pensées négatives

Pour David Burns, toute croyance négative vis-à-vis de soi est fausse. Il suffit alors de la confronter au réel pour qu’elle perde de sa puissance ou qu’elle disparaisse. Une technique qu’il préconise est de consigner par écrit sa croyance et de se poser la question « Et si c’est vrai, quelle serait la conséquence ? » ou « Qu’est-ce que cela signifie pour moi ? » Voici des exemples  de pensées négatives, qu’elles soient orientées vers soi ou vers les autres :

  • Je tombe toujours sur des clients fatigants qui ne savent pas ce qu’ils veulent.
  • J’ai tendance à être trop direct.
  • Je suis perfectionniste et têtue.
  • En France, les gens tournent toujours autour du pot.

Les 3 premières commencent par « je » et la dernière et tournée vers une généralité. Dans les 2 cas, vous pouvez toujours vous poser la même question, préconisée par David Burns.

Qu’est-ce que cela signifie pour moi ?

Prenons comme exemple la première croyance et poussons-la à l’extrême de la réflexion.

  • Je tombe toujours sur des clients fatigants qui ne savent pas ce qu’ils veulent. « Qu’est-ce que cela signifie pour moi ? » Que…
  • Les gens ne comprennent rien à mon boulot. Et… « Qu’est-ce que cela signifie pour moi ? » Que…
  • Ce que je fait, c’est de la m…. Et… « Qu’est-ce que cela signifie pour moi ? » Que…
  • Je ne ferais jamais du boulot agréable pour vivre. Et « Qu’est-ce que cela signifie pour moi ? » Que…
  • Je ferais mieux de ne jamais travailler.

Ainsi vous partez d’une croyance anodine « Je tombe toujours sur des clients fatigants » pour arriver à « je ferais mieux de ne jamais travailler » une croyance que vous aurez du mal à croire tant elle est caricaturale.

Pour aller plus loin :

Voici les liens vers 2 ouvrages et sites, celui de David Burns et celui de Byron Katie qui pose la question « Est-ce vrai ? » à propos de vos croyances.

Si vous avez des remarques, laissez-moi un commentaire.

Qui êtes-vous ? Instinctif ou pensif ? Testez-vous.

Qui sommes-nous ? Sommes-nous ce que nous pensons, ce que nous ressentons ou ce que nous vivons dans l’instant présent ? Sur quel phénomène pouvons-nous nous appuyer pour nous comprendre, pour être plus proche de qui nous sommes ? Sur notre esprit ou sur notre corps ?

Cet article est publié dans le cadre de la croisée des blogs, lancée par Cédric, et dont le thème est « être » et qui anime un blog sur les techniques de méditation. Si vous voulez lire d’autres articles sur le sujet, allez sur sa page.

Voici ma photo, agrémentée des conclusions d’un logiciel de reconnaissance des émotions en fonction des mimiques du visage. Selon lui, je suis un homme triste à 60%.

Qui suis-je ?Dans cet article, je vais tout d’abord détailler deux processus « réactionnels » face à des stimulus, interne et externe. Après un détour sur les émotions, je vous expliciterai la clé pour être au plus proche de soi.

Du système 1 au système 2

Comment réagissons-nous à un stimulus ? Quelle est notre réaction par rapport à une pensée interne ou à un événement externe ? Daniel Kahneman définit 2 systèmes de pensées. Si vous estimez la longueur moyenne de différents segments de droite, vous faites appel au 1er, si vous calculez, vous faites appel au 2nd.

  • le système 1 est instinctif, tel un pilote automatique qui réagit rapidement sans se poser trop de questions. Il est vite saturé en informations, sa mémoire de travail étant plus faible. C’est lui qui peut vous induire en erreur facilement. Il croit en ce qui lui est familier et aura vite tendance à généraliser. Il raisonne vite avec peu de données.
  • Le système 2 est le pensant, celui qui raisonne et qui ne prend pas ce qu’il voit ou ressent pour de l’argent comptant. Pour cela, il a besoin de plus de temps. Il prend son temps et de l’information.

Ces différents systèmes vous aident à prendre une décision. Vous réagissez ainsi « violemment » en attaquant, en fuyant ou en faisant le mort ou « humainement » vis-à-vis de vous ou d’autrui.

De la réaction à la réflexion

Dans une vue systémique, vous vous définissez par vos relations, par la manière dont vous réagissez par rapport à l’environnement ou à autrui. Voici 2 exemples de circuits stimulo-cognitivo-comportementalo… Le premier part d’un stimulus interne et ne débouche sur rien. Le 2e part d’un stimulus externe et débouche sur une action.

Je me réveille, c’est  dimanche et je ne fais rien

C’est dimanche et vous vous réveillez. « Je me réveille, je pense à ma journée à venir et je suis tendu. Puis, je me rends compte que c’est dimanche. Alors, je me détends et décide de rester au lit ». Voici le circuit :

dimancheVous êtes parti en automatique, vous avez réfléchi suite à votre tension interne et vous avez décidé de ne rien faire.

Je vois Sophie et je lui parle

Cette fois-ci, vous vous promenez et apercevez une personne. Vous fouillez dans votre mémoire, vous reconnaissez Sophie. Une sensation agréable vous parcourt l’échine et vous décidez de lui parler. Voici le circuit :

SophieVous êtes parti en automatique, vous avez réfléchi suite à votre sensation agréable et vous avez décidé de passer à l’action.

Vous vous servez de vos 2 systèmes

Dans les 2 cas, vous êtes parti d’un stimulus et vous avez « perçu » ce qui se passe en vous et vous avez pris le temps de réfléchir. Alors, à quoi servent donc les émotions ?

Les émotions peuvent vous tromper

Les émotions servent à filtrer rapidement des informations. A l’origine se trouve toujours un stimulus, interne ou externe.

  • Quand celui-ci est interne, vous pouvez ne pas vous en apercevoir comme dans le 1er exemple. Quand vous êtes en colère et que vous critiquez quelqu’un, il est probable que vous ayez émis un jugement sur vous-même, à votre insu.
  • Quand il est externe, votre circuit 1 a déjà sélectionné un grand nombre d’informations dont vous êtes totalement inconscient. Vous avez privilégier le visage de Sophie que vous connaissez à celui de Pierre, que vous n’avez jamais vu.

Les émotions sont souvent trompeuses car elle peuvent soit en cacher une autre, soit provenir d’une personne étrangère. Vous pouvez être ainsi en colère contre votre conjoint parce que votre grand-père a perdu sa mère jeune. Vous avez un article avec l’exemple de la colère. Il est donc important de s’entraîner pour prendre du recul sur ses émotions et activer ainsi le système 2.

Différencier instinct et intuition

Vous avez remarqué l’importance de la pause pour passer du système automatique au système pensant dans les exemples précédents. Vous pouvez faire appel à vos sensations corporelles tout en étant calme, là réside le secret d’être au plus proche de vous.

Alors, faites le « vide » pour favoriser votre intuition. Prenez l’habitude de faire une pause, de prendre du recul sur vos émotions pour être à la fois proche de votre ressenti et de votre pensée. Vous avez un exemple avec l’exercice du pendule. Ainsi, vous agissez de façon « unie » en respectant la sagesse de votre esprit et celle de votre intuition qui vous parle à travers de votre corps.

Pour aller plus loin

Sur les 2 systèmes

Le livre de Daniel Kahneman Thinking, Fast and Slow.

Sur les émotions

Sur l’intuition

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